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  • Isabelle

J'ai vu... The witcher

Ceci est une critique de la série "The Witcher", avec des spoils donc ne lisez pas si vous ne voulez pas savoir que cette série est mauvaise. Oups ! Pardon, trop tard...

"The Witcher" k'èzezè. Et bien c'est l'adaptation de la série littéraire polonaise "Le Sorceleur", pour les bilingues en polonais : Wiedźmin, datant de 1990 et écrite par Andrzej Sapkowski (vous pouvez grâce à la prononciation de son nom, faire apparaître Cthulhu). Le Sorceleur raconte l'histoire d'un mâle dominant : Geralt De Riv, un mutant magiquement modifié pour avoir des pouvoirs surnaturels, ainsi qu'un somptueux torse musclé , adoré par tout ce qui ressemble de près ou de loin à une femelle. Geralt, à la parole volubile allant de "Grompf" à "Mmh", se

promène gaiement dans cet univers fantasy pour tuer des monstres à la demande, contre des piécettes sonnantes et trébuchantes. La License a réellement explosé dans le monde grâce à la série de jeux video qui parue depuis 2007 et où, bande de canailloux, vous pouviez vous délecter de scènes drôlement cochonnes, cachées de-ci de-là entre "rond, rond, croix, carré" et "triangle, carré, croix, rond.


Netflix se lance donc dans la production d'une série fantastique aux allures de "grosses séries".

Malgré le travail, certainement considérable pour mettre tout cela en place, les scènes s’enchaînent, parfois risibles et ridicules. Certains effets spéciaux sont à la limite de l'acceptable, vu le niveau élevé actuel de certaines autres séries. La lumière est parfois superficielle comme dans une série des années 90, alors que d'autres plans sont bien travaillés et surprenants, notamment dans les premières bagarres.


On a l'impression d'avoir à faire à un spin-off de Xena la Guerrière (sans vouloir offenser les fans de Xena), tout paraît cheap et travaillé à la truelle, avec ce qu'on avait sous la main, comme cette musique pseudo-arabisante lancinante qui revient régulièrement. On se perd dans des flashbacks mal placés et un relationnel de personnages peu clair. Le seul personnage qui tire son épingle du jeu est sans aucun doute le barde. Quand il apparaît ,c'est un pauvre chanteur méché tout droit sorti d'instagram, avec des musiques mièvres et sans aucun fondement dans cet univers, et puis la surprise vient de l'interprétation de Joey Batey, drôle et touchant. Il disparaît à l'épisode 6 et avec lui, les seules touches d'humour légères et sympathiques.

En trois épisodes, Geralt, qui se doit d'être normalement un personnage sans émotion, devient

un bellâtre amouraché d'une jolie sorcière, dans une espèce de romance à deux balles, mise en place trop rapidement et sans faire monter le désir que l'on pourrait retrouver sur de longues longues longues pages des livres. Alors qu'une série peut se permettre des déroulés de personnages et des frustrations que ne peuvent pas se permettre les films, sur une durée bien plus intéressante, ici, les scénaristes étaient en mode "vitesse TGV", pour tout sortir en concentré sur 8 épisodes. Bizarre. "The Witcher" est donc une série décevante, très moyenne, vite réalisée, vite oubliée. Elle restera dans l'ombre des grandes épopées de fantasy.


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