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  • Photo du rédacteurErine

Creation of the Gods, quand la Chine impose son blockbuster fantasy

Avant toute chose, il est important de préciser que Création of the Gods est une adaptation du livre L’investiture des Dieux un roman historique et fantastique de la dynastie Ming (fin XVIe, début XVIIe). Celui-ci raconte la lutte entre le dernier roi des Shang et le fondateur de la dynastie Zhou. Les deux partis sont aidés par de nombreux personnages doués de pouvoirs extraordinaires qui seront divinisés après leur mort, d’où le titre de l'ouvrage.


La Chine avait déjà tenté une adaptation de cette histoire au cinéma en 2016 avec le film League of Gods mais cette fois-ci, il met davantage de budget et propose une superproduction : avec une enveloppe vertigineuse de 440 millions de dollars pour les trois volets, tous déjà tournés. Un pari visiblement gagnant, car le premier volet a levé 372 millions de dollars au box-office mondial.


On parle donc ici du premier opus de la trilogie. Et celui-ci nous met dans le bain dès les premières scènes de batailles épiques. Yin Shou, second fils du Roi Shou assiège un de ses sujets qui ne reconnaît pas la souveraineté de son père. Il gagne la guerre et ramène à son père comme tribut la tête du traître ainsi que sa fille, en vie, possédée par un perfide esprit renard dont le but est de pousser Yin Shou à embrasser le mal. C’est alors que par un astucieux stratagème, il parvient à se débarrasser de son père ainsi que du prince héritier et d’accéder au trône tout en gardant la confiance du peuple ainsi que sa légitimité. Mais le héros de l’histoire est Ji Fa, fils d’un des Ducs du royaume, et meilleur ami du prince héritier. Celui-ci au service militaire de Yin Shou, l’adule comme un second père. Jusqu’à ce qu’il se mette à douter des intentions du nouveau Roi.


En effet, lorsqu’un messager des dieux accompagné de deux immortels se présente au Roi avec un cadeau divin, la réaction avide et violente de celui-ci fait monter le doute chez Ji Fa. Le messager, Jiang Ziya, moine Taoïste est quant à lui est moins hésitant. Considérant le Roi indigne de l’Investiture des Dieux, il fuit, bien décider à trouver un autre porteur digne. C’est véritablement ici que commence le récit.


La suite du film mettra en exergue la cruauté du Roi et à quel point il serait désastreux que celui-ci acquiert encore plus de pouvoir. Comme dit plus tôt, il s’agit du premier opus de la trilogie, et si ce film sert surtout à poser le postulat de départ et à permettre à Ji Fa de prendre son rôle de héros, ce volet n’est pas avare en scènes d’actions. Celles-ci sont d’ailleurs extrêmement prenantes et assez bien réalisées.


Elles sont d’après-moi, avec les costumes, les vrais points forts de ce film. C’est d’ailleurs Tim Yip qui a été aux commandes pour les décors et les costumes. S’il avait déjà fait ses preuves sur des productions telles que Tigre et Dragon (2000) ou Les Trois Royaumes (2008), il n’a désormais plus rien à prouver. L’esthétique globale du film est très réussie.


Pour créer l’ambiance visuelle du film et essayer de coller historiquement, l’équipe du film s’est inspiré de la peinture liturgique taoïste (shiluhua), de celle des bronzes de la dynastie Shang et du style paysager des Song.


Le sens du détail ne s’arrête pas là : pour les décors du palais impérial, une centaine de sculpteurs, ont travaillé pendant 3 mois afin de créer les décors en bois et en argile. En tout, plus de 500 sculpteurs ont été conviés. Le casting a été ouvert mondialement et pendant 1 an et demi. Le réalisateur, Wuershan a lui-même reçu environ 1400 candidats. Une fois sélectionnés les acteurs ont du suivre un entraînement physique et des cours d’équitation afin d’incarner leur rôle de combattants. Et pour finir, ils ont été introduits aux poèmes classiques et à l’histoire chinoise ainsi qu’à des cours de cinéma sur des films épiques et historiques. On peut dire que l’équipe du film n’a pas fait les choses à moitié.


Le seul bémol pour moi est que je n’ai pas vraiment pas accroché à toutes les incursions du fantastique. Au-delà des effets spéciaux inégaux, lorsque j’étais vraiment prise par les enjeux politiques et interpersonnels, l’arrivée des immortels me sortait complètement du côté « aventure épique » qui domine.


J’ai cependant très envie de voir la suite et j'ai hâte de savoir comment va évoluer la situation. Car, malgré quelques résolutions bienheureuses, le film nous laisse dans une ambiance assez peu optimiste pour nos héros.


Ce premier opus sortira au cinéma le 10 juillet. Il a déjà bénéficié d’une avant-première qui a attiré quelque 15.000 personnes. Si vous ne faites pas partie de ces personnes, vous savez comment démarrer votre été.



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