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"Les guetteurs" 1, 2, 3 nous irons au bois...

Dernière mise à jour : il y a 6 jours

"Les guetteurs", premier film de Ishana Night Shyamalan, fille de M., également producteur, reste dans la lignée familiale : belles images, étrange exponentiel et fin décevante.

Comme beaucoup de fils et filles de, Ishana va devoir passer par la case comparaison. La voilà à la tête de son premier long, produit par papa Shyamalan, présent, un peu trop présent, surement. On sent le potentiel d'une réalisatrice aux milles idées. Ishana ose des plans originaux, là où son père s'est abonné à la réalisation classique du fantastique.

Mais commençons par le commencement, "Les guetteurs" çà raconte quoi ? C'est une adaptation du roman de A.M. Shine, une histoire fantastique qui raconte les aventures surnaturelles de Mina, une jeune femme hantée par la culpabilité d'avoir tué sa mère. Elle doit traverser les riches forêts irlandaises pour aller donner un perroquet à un zoo. Seulement, la voilà piégée au milieu des bois, dans une sorte de bunker, avec Ciara, Daniel et Madeline, qui parait en connaître beaucoup sur l'histoire de cette forêt. Chaque nuit, ils doivent s'enfermer dans cette boite de béton et se présenter face à un miroir sans teint. De l'autre côté, des êtres malfaisants les observent.



Le pitch est alléchant, il rappelle évidemment les thématiques qu'affectionnent M. Shyamalan. Il y a cependant quelque chose de plus, une jeunesse peut-être, quelque chose qui fait que Ishana ose là où on père à abandonner. Les images sont très belles, avec une lumière sculptée par le jeune chef op Eli Arenson (son travail exceptionnel dans le film "lamb" présenté au Festival de Strasbourg a été très remarqué également) , personnage à part entière de l'histoire, puisqu'elle marque le tempo en plus d'être l'épée de Damoclès. La première partie du film est donc plutôt réussie et on sent monter la tension, non pas d'horreur, mais fantastique. Cependant, et j'ai bien l'impression que le papa y ait malheureusement pour quelque chose, la seconde moitié retombe comme un soufflé et la fin est décevante. Ca patauge, en donnant des explications dont on en a rien à faire finalement, car une fois sortie de la forêt, cela aurait très bien pu s'arrêter là, sans même donner des explications à tout. Comme son père, Ishana s'escrime à faire un twist (raté), alors qu'elle aurait très bien pu nous laisser le doute et que nous restions sur des émotions fortes. Les grands réalisateurs de films fantastiques le disent, les meilleurs moments sont ceux où on ne voit pas la créature. Evidemment, dès qu'on la voit, çà tombe à l'eau. En plus d'être ridicule, les effets sont très très moyens.



Là où toute l'énergie du film est donnée sur la forme, il manque un peu de fond. La psychologie des personnages est survolée, alors même qu'ils sont enfermés dans une boîte et que nous aurions tout le temps de faire connaissance avec eux. A croire que la vitre sans teint n'est pas entre les créatures et les héros mais entre eux et nous. Autre thématique survolée, celui des medias. Pas de téléphone, mais une télévision qui repasse sans cesse des émissions de télé-réalité, à comparer donc avec les créatures s'abrutissant à observer les humains qui ne font rien de leur journée. Enfin une dernière thématique, celle-ci bien visible : les oiseaux. Et principalement l'oiseau enfermé dans sa cage, qui doit prendre sa liberté. Belle analogie à la situation de Ishana. On attend qu'elle prenne son envole et surtout, surtout, surtout : qu'elle se détache de son père. Elle a un beau potentiel, caché sous un nom bien trop lourd d'aprioris. Ishana a sans nul doute une jolie patte à nous montrer, un peu trop cadré par un paternel envahissant. Ce premier film est un brouillon, on espère voir une belle oeuvre pour le suivant.



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