• Isabelle

J'ai vu Good Boys...

Mis à jour : 24 oct. 2019

J'ai vu Good Boys et c'était diaboliquement mignon...

Good Boys c'est l'histoire de trois pré-adolescents qui vont vivre une grande aventure, entre sexe, drogue et rock and roll.

Pour ne pas faire partie des ringards, ils réussissent à se faire inviter par le petit mec le plus influent de l'école. Malheureusement, il y aura des filles et comme ils ne veulent pas perdre la face, ils se disent qu'il faut apprendre à embrasser avant d'aller à la fête. Toutes les solutions sont envisagées : les sites pornos, s’entraîner sur une poupée sexuelle, espionner la jolie voisine, mais cela ne va pas se dérouler comme ils le voudraient...

Là où Stanger Things vous montre des ados bien lisses, sans saveur et quasi plus adultes que les adultes. Dans Good Boys, retour aux sources ! Vous verrez des gamins qui veulent grandir mais ne savent pas comment et surtout font des énormes bêtises très drôles avec tout l'innocence du Monde.

Pour la génération années 80, vous penserez immédiatement au célèbre film Les Goonies, grande référence. Mais Les Goonies, c'était enchanteur et merveilleux. Là c'est ancré dans notre dure réalité d'adultes, avec tout le décalage du regard de jeunes ados. Good Boys n'est pas un film pour les enfants, pas parceque cela pourrait "choquer" les enfants, en fait ce sont les parents qui seraient gênés, mais surtout parceque je pense qu'ils ne comprendraient pas les subtilités des blagues à double sens ou parfois très crues mais dont il faut avoir les références d'adultes.

Sur le tournage, c'était d'ailleurs amusant et problématique. Gene Stupnitsky et Lee Eisenberg, les scénaristes et réalisateurs du film témoignent : « Un des garçons pendant une scène avec la poupée gonflable s’est tourné vers moi et m’a demandé pourquoi elle avait un vagin. J’étais paralysé. Heureusement Stephen Merchant (un des comédiens), Dieu merci, a immédiatement réagi en expliquant le plus sérieusement du monde que ces mannequins servaient pour des expériences en école de médecine… Ils ont eu l’air d’y croire ». La plupart du temps aucun membre de l’équipe ne s’aventurait sur ce terrain glissant préférant renvoyer les enfants aux explications de leurs parents. Évidemment les jeunes comédiens avaient tous les trois une petite info (bien souvent très fantaisiste) à partager sur la chose. Lee Eisenberg résume: « on voulait juste qu’ils disent leur dialogue et ça nous aurait bien arrangés qu’ils le fassent sans essayer de comprendre quoi que ce soit. Le moins ils en savaient le mieux ça servait le propos du film ». Le fait que ces enfants n’hésitent pas à se servir dans leur aventure de choses bizarres sans savoir vraiment ce qu’ils ont entre les mains devenait hilarant dès qu’on touchait à un domaine inconnu pour eux : le sexe. Et les deux cinéastes de préciser sans ciller: « tous les accessoires du film viennent de notre collection personnelle ».

L'affiche du film est d'ailleurs intéressante à ce titre (la même aux USA et en France). Rouge : couleur de l'interdit. Les petites cornes de Diable croquées comme les ferait un enfant : des enfants qui tentent le Diable sans savoir ce que cela signifie. Le rappel des derniers succès des auteurs : des films à l'humour trache bien soulignés = attention humour d'adulte. Un rappel avertissant que ce film est déconseillé aux yeux chastes des adolescents, seul différence avec les USA où le film est réellement interdit au moins de 16 ans non accompagné. C'est dire ! Tout cela dans la joie de nos trois têtes de garnements regardant avec envie et détermination la hauteur adulte encore non acquise.

Good Boys c'est de la bonne humeur pendant une bonne heure et demi, sans filet (soulignons le jeu particulièrement bon des trois jeunes comédiens, qui ont improvisé pendant une partie du film), vous faisant oublier vos problèmes d'adulte face à la complexité de ceux des enfants. C'est finalement un joli conte sympathique qui ne restera pas dans les mémoires, sauf pour une nouveauté : celui où un petit garçon demande l'autorisation à la petite fille de l'embrasser. Voilà une belle avancée dans l'éducation parentale et tout ça, grâce à des perles anales... enfin vous comprendrez en regardant le film, parceque là comme ça... euh...

NB : le trailer français a été bizarrement édulcoré alors que le trailer US est bien meilleur et donne le bon ton du film.



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